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(lettre envoyée au fanzine Fantasticorama) - Février 1999 - «J'en conviens : la série Z, ce n'est pas le sujet le plus à la mode, ni le plus crucial du moment. Mais il se trouve que, vous et moi, affectionnons cette catégorie de films un peu spéciale. C'est donc à la lecture de votre sympathique dossier que je me suis décidé à vous écrire sur ce sujet... pour tenter de donner ma définition du Z, de cerner un peu ce que recouvre cette expression bizarre. Car il me semble qu'il existe une sorte de confusion - impression renforcée à la lecture des interviews que vous reproduisez. Qu'est-ce que
la série Z ? Sans aller trop dans le détail, et pour simplifier,
disons que c'est une des appellations modernes du cinéma bis, qui
lui-même était une sorte d'extrême du cinéma
de série B (classification apparue aux USA après la guerre
et qui s'applique essentiellement aux films dits "de genre" : westerns,
policiers, fantastiques...) C'est là que les choses semblent se mélanger dans l'esprit de certains cinéphiles et rédacteurs de fanzine : trop souvent, on ne distingue pas les productions professionnelles et les films amateurs. Ce qui fausse inévitablement le jugement que l'on peut porter sur tel ou tel film. Cette distinction n'a rien à voir, bien sûr, avec la qualité : un bon court-métrage amateur vaut cent fois un mauvais téléfilm professionnel ! Mais, néanmoins, il ne s'agit pas de la même chose : finalité et conditions de production différentes... Dés lors,
il y a des idées reçues à éviter. La première
: « un film Z est un film amateur ». C'est évidemment
absurde ! Le cinéma d'exploitation a forcément une finalité
commerciale (c'est son but !).(1)
De plus, il est réalisé de manière professionnelle
par des professionnels, ce qui n'est pas contradictoire avec le fait qu'il
dispose de moyens réduits. C'est parce que
subsiste cette confusion entre productions pro et films amateurs qu'on
a du mal à cerner la production "Z" française (qui est en
fait quasi-inexistante) : certains pensent que je suis un des seuls à
en tourner, avec N.G.Mount et Jean Rollin ; d'autres soutiennent qu'il
y a des dizaines de réalisateurs de Z français, que le secteur
se porte bien et se développe... Ces derniers confondent, et comptabilisent
les courts-métrages filmés par des étudiants ou des
passionnés dont le nombre a tendance à croître - et
c'est tant mieux !(2) Voilà les réflexions d'un spécialiste du cinéma bis soucieux d'apporter sa contribution au débat en clarifiant le concept de "série Z", qu'il serait dommage de dénaturer. Bonne continuation. ![]() Richard J. THOMSON Producteur Réalisateur (1)
Cet aspect mercantile du cinéma d'exploitation, et de la série
Z en particulier, contribue à faire le charme de ces petites productions
tapageuses, parfois loupées mais souvent culottées, perpétuant
la tradition "foraine" du cinéma.(2)
Cette confusion explique une anecdote récente qui m'a beaucoup amusé.
Un fanzine s'est spécialisé dans un thème bien précis
: le Z français ! Curieux de ne pas m'y trouver au sommaire, un
de mes jeunes collaborateurs m'a confié que son rédacteur
estimait que mes films ne rentraient pas dans la catégorie Z, car
je disposais de trop gros moyens et d'une notoriété trop
importante ! Ce fanzine, au demeurant fort sympathique et original, possède
en réalité un thème sensiblement différent
: le film amateur fantastique ou gore... » | ||
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