w w w . r j t h o m s o n . c o m

RJT

interviews

Page d'accueil

Qui est R.J.T. ?

Filmographie

Actualité & Projets

Lettres

Presse & Télé

Interviews

Forum

Pour le contacter

Se procurer ses films

Jeu

Budgets

A propos de ce site

Liens

RJT

Interview exclusive de RJT pour rjthomson.com

Novembre 2008


Peux-tu nous parler de ton dernier bébé, Bloody Flowers ?

C'est un film à mi chemin entre le film d'horreur et le thriller. Il narre les mésaventures de trois jeunes filles venues des pays de l'Est pour faire carrière à Paris dans le mannequinat, mais trés vite le rêve tourne au cauchemar ! Elles vont croiser la route de producteurs de snuff movies...

Tu as déclaré que le film était un mix d'Hostel et de Twin Peaks...

Oui, le scénario évoque un peu Hostel, mais le ton reste assez onirique. En écrivant le film j'ai souvent pensé à l'univers de David Lynch, je me suis un peu inspiré de Mulholand Drive pour le dénouement... Mais en fait, pendant le tournage, j'ai un peu réorienté Bloody Flowers. Certaines scènes me font penser à des films de Brian de Palma des années 80, ses thrillers teintés de fantastique. C'est un film à la fois "tendance" (les films gores, notamment les "films de torture", sont à la mode) et "rétro" par la mise en scène, l'ambiance, le rythme qui évoque plutot les années 80. Je ne te cache pas que je suis un grand nostalgique du cinéma américain des eighties !

Nous avons cru comprendre que tu ne voulais plus tourner de films avec de tous petits budgets, pourtant c'est bien le cas avec Bloody Flowers ?

Oui, le budget est du genre microscopique. Après TIME DEMON 2, j'avais juré de ne plus refaire de films dans ces conditions car il est toujours déprimant d'être à ce point limité et bridé par des moyens dérisoires. Mais il faut dire que je tente, depuis dix ans, de trouver des financements pour des projets cinéma... en vain ! J'ai fini par craquer, je n'en pouvais plus de ne pas tourner de fictions. Ces dernières années, je me suis beaucoup consacré à la presse, au tournage de reportages... mais le long-métrage me manquait, et j'ai donc "replongé" ! (rires) J'ai décidé de tourner Bloody Flowers sur un coup de tête, en décembre... J'ai écrit en janvier et j'ai commencé le tournage en février.

Donc, Bloody Flowers est une nouvelle série Z ?

En quelque sorte, oui, si on considère le budget, inférieur à 100 000 euros. Mais j'ai apporté un grand soin à l'image (je salue au passage mon chef op' Pierre Baudais et toute son équipe) donc le film n'aura pas le même look que mes oeuvres précédentes.

Il y a des chances pour qu'il sorte en salles ?

Non, honnêtement je ne crois pas, car il est trés dur de trouver un distributeur pour un film aussi fauché. Je prévois une distribution en DTV (directement en dvd), dans plusieurs pays (car le film a été tourné en anglais). Je compte sur la présence au casting d'Amanda LEAR, qui a fait une excellente prestation.

Amanda LEAR a dû coûter à elle seule la moitié du budget, non ?

Pas du tout : elle a joué le jeu et n'a demandé qu'une petite avance sur son cachet, qui a été négocié en participation. Elle a été très pro et très cool. D'ailleurs elle a tout de suite accepté ma proposition, car elle rêvait de tourner un film d'horreur. Mon seul regret (et le sien) est de ne pas lui avoir prévu davantage de scènes...

D'autres vedettes au casting ?

Eh non ! Honnêtement, je n'aime pas trop les vedettes dans les films d'horreur, je ne cours pas après... Si les acteurs sont connus, le spectateur a des repères, cela dit bien sûr tout ça dépend du talent du comédien et du metteur en scène. J'ai quand même voulu mettre quelques guest-stars dans les rôles de policiers, j'ai d'abord pensé confier un rôle d'inspecteur à Jean Rollin (un clin d'oeil pour les fans) mais il a fini par décliner, jugeant mon film "trop commercial" !! Ensuite, j'ai eu une idée saugrenue : faire jouer Jacky, du Club Dorothée. Il a une vraie "gueule"... Mais il était trop cher pour mon budget.

Comment s'est déroulé le tournage ? Il y a sûrement eu des galères...

Dans tout tournage il y a des galères, même chez Luc Besson. Mais c'est vrai que lorsqu'on tourne dans le dénuement total, avec peu de matos, une petite équipe et un temps de tournage très serré, on en chie forcément ! Nous avons souvent tourné de nuit, ou de trés bonne heure. Il y a un décor dont nous pouvions disposer seulement de 6 h à 11h le matin, donc nous nous donnions rendez-vous à 5h30. Une vraie corvée ! (rires) Heureusement la plupart des scènes importantes ont été tournées en studio (au Studio de l'Olivier, qui appartient à mon ami Yves Boujenah - le frère de Michel - qui m'a donné un sérieux coup de pouce sur ce projet). Les plus grosses galères furent liées aux comédiens : l'un d'entre eux s'est fâché et a quitté le film, un autre a eu un grave accident de moto et n'a pas pu continuer. Au dernier moment, il a fallu réécrire le scénario, ça a été un vrai coup dur ! Sinon, le fait de tourner en anglais (avec les trois comédiennes qui ne parlaient pas français !) a été assez compliqué, vu mon niveau médiocre en cette langue.

Au final, tu es content ?

Il faut attendre la fin du montage, la musique, le mixage, pour le dire. En tous cas il y a de bons rushes, même si je regrette d'avoir été dans l'obligation de supprimer quelques scènes lors du tournage, faute de temps et de moyens.

Qui a financé, au fait ?

J'ai financé à 100 % avec ma société Jaguarundi Productions, j'en avais assez de courir après les producteurs, les télés... Le CNC s'est un peu fichu de moi sur un précédent projet, tout cela est plutôt déprimant. Après Bloody Flowers, et si le film se vend bien, j'ai d'autres projets que je devrais produire seul.

On veut du scoop !

Je devrais bientôt produire [EJECT], une parodie du film [REC], qui sera réalisée par Pierre mon chef opérateur. J'ai aussi d'autres scénarios que j'aimerais réaliser, mais je ne sais pas lequel sera mis en chantier. En tous cas je pense que je réaliserai un autre film en 2009...

Tu peux nous parler de la pub que tu as tourné pour Le Tour de France ?

En fait il s'agissait d'un sitcom pour le site internet du Tour, sponsorisé par Vittel. J'ai écrit et réalisé un programme comique mettant en scène une fausse équipe cycliste, nous avons tourné tout le mois de juillet sur la route du Tour. Certains champions ont tenu des petits rôles, VIrenque, Poulidor.... J'espère refaire ce genre de programme, d'autant que cela permet de faire entrer un peu d'argent dans ma société.

Jaguarundi est toujours une agence de presse ?

Oui, en partie, mais nous allons développer nos activités audiovisuelles au détriment de la presse magazine, qui est un secteur en crise et moins rentable qu'avant. D'autre part, je ne peux pas tout faire en même temps...

On préfère que tu fasses des films...

Merci.

Ce qui est incroyable, c'est que tu ne trouves pas de financement. Tu es le seul réalisateur à ne jamais toucher aucune aide de l'Etat, ni des producteurs officiels...

Comme tu dis, c'est incroyable. Je pense que cela vient en partie de moi, je ne sais peut-être pas trouver les mots pour convaincre les investisseurs. Je ne suis pas un businessman. Il y a aussi un autre phénomène : quand on regarde qui tourne des films (en tous cas, qui reçoit pas mal de pognon pour tourner) on s'aperçoit qu'il s'agit d'un microcosme : les "fils de", les "cousins de", ceux qui jouent au tennis avec Untel, qui sortent en boîte avec Machin... Parfois certains ont le même dealer de coke, alors forcément, ça crée des liens... Moi je ne suis pas très "people", c'est une corvée d'aller aux cocktails et j'en paie le prix fort.

Que penses-tu des films d'horreur français ?

J'avoue que je n'ai pas beaucoup de temps pour aller au cinéma. Je compte aller voir Martyrs, de Pascal Laugier, car on m'en a dit du bien. J'ai vu, un peu par hasard, le dernier Kassowitz que tout le monde présentait comme une bouse ; en fait ce n'est pas si mal, même si c'est loin d'être un chef d'oeuvre... En tous cas, c'est bien que des français se remettent à aimer le cinema de genre. Hélas la qualité n'est pas toujours au rendez-vous.

Quelle sera la date de sortie de Bloody Flowers?

Je t'avoue que je n'en sais rien, je n'ai pas encore signé avec un éditeur...

En tous cas on souhaite plein succès au film et on espère que tu en tourneras un autre en 2009, comme promis !

On va tâcher ! (rires)


Retour à la liste de toutes nos interviews de Richard J. Thomson