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Interview de RJT dans le fanzine Maniacs

Janvier 2005


Quelles sont les raisons qui vous ont donné envie de faire du cinéma ?

Dès que j'ai été en âge de gribouiller sur du papier, j'ai choisi la BD comme mode d'expression. Tous mes dessins d'enfant étaient des BD, et comme je ne savais pas écrire, j'inscrivais dans les bulles un charabia pour le moins étrange et mystérieux. Puis j'ai découvert que ma mère possédait une petite caméra Super 8 muette et je me suis dit que cela devait être bien plus simple de capter la réalité par le film plutôt que de tenter de la recréer par le dessin. À la fois dans un soucis de "perfectionnement de mon oeuvre" et d'économie de travail, j'ai commencé à tourner des films à l'âge de 9 ans. J’ai commencé par des histoires de château hanté… le fantastique, déjà !

Pouvez-vous nous retracer brièvement votre cursus cinématographique ? (professionnel)

J’ai fait d’abord un bac littéraire option Cinéma, puis Ciné-Sup, une classe prepa, mais ensuite je me suis fait recaler à l’entrée de la Femis. J’avais eu de très bonnes notes dans la plupart des matières (analyse de film, histoire du cinéma, travaux pratiques de montage…) mais ça s’est gâté lors de l’épreuve de scénario. J’ai tenté une histoire légèrement fantastique, voire absurde, et ça a désorienté le jury qui m’a attribué une note éliminatoire, 2 ou 3 je ne sais plus…
J’ai ensuite poursuivi avec une licence d’audiovisuel à la fac, puis une maîtrise que je n’ai jamais terminé car je me suis lancé dans le tournage de mon premier long cette année là… Le jour, j’avais comme prof Eric Rohmer, et le soir je tournais des séquences gore !
Pour vivre, je me suis mis à tourner des films de commande, des « institutionnels »…

Pourquoi avoir choisis d’orienter votre carrière vers le cinéma “Z” ?

Il se trouve que ne parvenant pas à trouver de producteurs pour financer mes projets de longs métrages (j’avais déjà signé une bonne quarantaine de courts), j’ai décidé en 1993 de me lancer dans la production avec l’aide de la revue Mad Movies. J’ai commencé par créer une association loi 1901 pour faire un film de vampires. Puis j’ai enchainé avec d’autres titres, abordant tous les genres du fantastique : film de Robot (Roboflash Warrior) morts vivants (Green Zombies from Ploucville), super-héros (Attack of serial killers from outer space), dinosaures (Terror…), machines à explorer le temps (Time Demon)…
Comme je n’avais pas d’argent je me suis tourné vers la parodie et le film à petit budget, en essayant de le faire « honnêtement ». j’avais conscience que je ne pouvais pas rivaliser avec de grosses productions alors j’ai pris le parti de faire du deuxième, troisième degré…un peu comme Troma. J’ai revendiqué le terme Série Z (l’expression était peu connue à l’époque) mais hélas, cette étiquette a eu tendance à me coller à la peau ensuite.

(...)

La couverture de Maniacs n°3
Afin de ne pas nuire à la vente du très sympathique fanzine "Maniacs", nous ne retranscrivons pas ici la totalité de l'interview, mais seulement quelques questions.
Ceux qui souhaitent lire l'interview dans son intégralité peuvent commander le fanzine (il n'est vraiment pas cher : 0,80 euro !)...
Pour le commander, allez sur le site du fanzine en cliquant sur l'image ci-contre.


Quels sont vos projets ?

Je vais essayer de sortir plusieurs DVD de mes films (je suis en pourparlers avec des distributeurs), tout en continuant à rechercher des fonds pour monter des projets destinés au cinéma. Ces dernières années j’ai écrit une dizaine de scenarios pour le cinéma, en pure perte. Mon dernier LA VERRUE vient d’être refusé par le CNC, c’est vrai qu’il sort vraiment des sentiers battus. C'est une fable politique qui tourne au fantastique le plus déjanté.
En attendant, je vais peut-être réaliser un autre film Z, une histoire de zombies et de télé-achat, mais rien n’est confirmé… Avant de lancer le tournage, il me vaut convaincre une vedette de se lancer dans l’aventure, car sans nom connu à l’affiche, impossible de vendre le film ensuite ni même espérer le caser dans les rayons d’une Fnac ! Comme je n’ai plus un sous, cet acteur devra se contenter d’un maigre cachet et jouer pour l’amour de l’Art ! Vous le voyez, c’est pas gagné d’avance !


Propos recueillis par Nicolas Cohadier
et parus dans le fanzine Maniacs
(n°3 - Janvier 2005).


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