Quelles sont les raisons qui vous
ont donné envie de faire du cinéma ?
Dès que j'ai été en âge
de gribouiller sur du papier, j'ai choisi la BD comme mode
d'expression. Tous mes dessins d'enfant étaient des BD, et comme je ne
savais pas écrire, j'inscrivais dans les bulles un charabia pour le
moins étrange et mystérieux. Puis j'ai découvert que ma mère possédait
une petite caméra Super 8 muette et je me suis dit que cela devait
être bien plus simple de capter la réalité par le film plutôt que de
tenter de la recréer par le dessin. À la fois dans un soucis de
"perfectionnement de mon oeuvre" et d'économie de travail, j'ai
commencé à tourner des films à l'âge de 9 ans. J’ai commencé par des
histoires de château hanté… le fantastique, déjà !
Pouvez-vous nous retracer brièvement votre cursus cinématographique
? (professionnel)
J’ai fait d’abord un bac
littéraire option Cinéma, puis Ciné-Sup, une classe prepa, mais ensuite
je me suis fait recaler à l’entrée de la Femis. J’avais eu de très
bonnes notes dans la plupart des matières (analyse de film, histoire
du cinéma, travaux pratiques de montage…) mais ça s’est gâté lors de
l’épreuve de scénario. J’ai tenté une histoire légèrement fantastique,
voire absurde, et ça a désorienté le jury qui m’a attribué une note
éliminatoire, 2 ou 3 je ne sais plus…
J’ai ensuite poursuivi avec une licence d’audiovisuel à la fac, puis
une maîtrise que je n’ai jamais terminé car je me suis lancé dans le
tournage de mon premier long cette année là… Le jour, j’avais comme
prof Eric Rohmer, et le soir je tournais des séquences gore !
Pour vivre, je me suis mis à tourner des films de commande, des
« institutionnels »…
Pourquoi avoir choisis d’orienter votre carrière vers le cinéma
“Z” ?
Il se trouve que ne
parvenant pas à trouver de producteurs pour financer mes projets de
longs métrages (j’avais déjà signé une bonne quarantaine de courts),
j’ai décidé en 1993 de me lancer dans la production avec l’aide de la
revue Mad Movies. J’ai commencé par créer une association loi 1901
pour faire un film de vampires. Puis j’ai enchainé avec d’autres
titres, abordant tous les genres du fantastique : film de Robot
(Roboflash Warrior) morts vivants (Green Zombies from Ploucville),
super-héros (Attack of serial killers from outer space), dinosaures
(Terror…), machines à explorer le temps (Time Demon)…
Comme je n’avais pas d’argent je me suis tourné vers la parodie et
le film à petit budget, en essayant de le faire « honnêtement ».
j’avais conscience que je ne pouvais pas rivaliser avec de grosses
productions alors j’ai pris le parti de faire du deuxième, troisième
degré…un peu comme Troma. J’ai revendiqué le terme Série Z
(l’expression était peu connue à l’époque) mais hélas, cette étiquette
a eu tendance à me coller à la peau ensuite.
Quels sont vos projets ?
Je vais essayer de sortir
plusieurs DVD de mes films (je suis en pourparlers avec des
distributeurs), tout en continuant à rechercher des fonds pour monter
des projets destinés au cinéma. Ces dernières années j’ai écrit une
dizaine de scenarios pour le cinéma, en pure perte. Mon dernier LA
VERRUE vient d’être refusé par le CNC, c’est vrai qu’il sort vraiment
des sentiers battus. C'est une fable politique qui tourne au
fantastique le plus déjanté.
En attendant, je vais peut-être réaliser un autre
film Z, une histoire de zombies et de télé-achat, mais rien
n’est confirmé… Avant de lancer le tournage, il me vaut convaincre
une vedette de se lancer dans l’aventure, car sans nom connu à l’affiche,
impossible de vendre le film ensuite ni même espérer le caser
dans les rayons d’une Fnac ! Comme je n’ai plus un sous, cet acteur
devra se contenter d’un maigre cachet et jouer pour l’amour de l’Art !
Vous le voyez, c’est pas gagné d’avance !