Richard J.Thomson, la série Z, c'est quoi pour vous ?
Une série Z, c'est un peu une
version moderne des films fauchés des années 50 et 60, ce
que l'on appelait le cinéma bis. Le bis constituait l'extrême
de la série B. L'avènement du marché de la vidéo
dans les années 80 a fait émerger de nombreuses productions
tout aussi fauchées, parfois directement tournées en vidéo,
notamment aux USA (horreur, SF...). Ce sont ces films-là que l'on
peut qualifier de séries Z. Bien sûr, il y a à boire
et à manger là dedans, certains films sont d'authentiques
navets, et d'autres sont délicieusement kitsh !
Etre cinéaste
Z, c'est une vocation ?
Je revendique l'étiquette Z
pour mes films dans le sens où ils sont réalisés avec
peu de moyens, en dehors du circuit commercial traditionnel... Ils s'inscrivent
dans un genre (fantastique, action...)avec toutefois un parti pris parodique
et loufoque. Je suis totalement libre sur mes productions et je ne me prive
pas d'inclure une scène gore par-ci, une scène sexy par-là,
parfois en total décalage avec l'action. En fait, je fais du Z au
second degré...
TERROR... est davantage
une comédie qu'un film fantastique...
Il s'agit en effet d'une parodie un
peu déjantée des "films de monstres", transposée dans
un décor français. J'aime beaucoup la comédie fantastique,
mêler le rire et l'épouvante, la dérision et le surnaturel.
J'adore SCREAM de Wes Craven, par exemple. Il joue très bien avec
le second degré. J'aime aussi le ton très décalé
de John Carpenter, dont je suis fan.
Les personnages de
TERROR... sont tous plus loufoques les uns que les autres...
C'est une vraie galerie de cinglés
hystériques, en particulier le chef scout catho. Le travail avec
les comédiens me passionne de plus en plus. Sur TERROR... je leur
ai demandé d'en rajouter dans le jeu outré et la caricature,
je voulais qu'ils jouent "Z" !
Ce fameux personnage
du scout vous a paraît-il valu un procès ?
C'est exact. L'Evènement du
Jeudi avait publié un petit article sur TERROR... en citant ce personnage,
à qui j'avais donné un nom proche de celui d'un célèbre
homme politique vendéen. A ma grande surprise, ce Monsieur, d'ailleurs
peu réputé pour son sens de l'humour, a intenté un
procès et j'ai dû retirer ce nom de la bande son. La réalité
est devenue plus Z que la fiction !